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Univers à fleur de peau

Le tatouage est un moyen d’expression qui est aujourd’hui ancré dans notre époque comme une affirmation de l’identité de la personne. C’est le thème que Lou Bossard a choisi de développer en représentant le plus fidèlement possible des personnes tatouées. Son projet Encrages a sollicité l’association de trois arts qu’elle a réunis sous la forme de livret-portraits faisant écho à la personnalité de chacun.

Date: 07/05/2018

Univers à fleur de peau

La photographie, le texte et l’illustration. Trois langages artistiques pouvant chacun donner une image différente de la réalité : quand l’un dévoile des attitudes et des expressions, l’autre raconte une histoire, tandis que le dernier peut révéler un univers presque fictif. Mettez-les en relation et ils forment un ensemble complet comme c’est le cas dans le projet de Lou.

« Ces trois éléments se sont mis en trio pour faire un projet où la personne a toute possibilité d’expression. »

Le choix de l’illustration n’est pas anodin, il apporte une dimension supplémentaire aux photographies. Si celles-ci montrent le corps avec beaucoup d’expressivité, le dessin, lui, vise à dépasser l’enveloppe et montre ce que chacun développe à l’intérieur. C’est la raison pour laquelle chaque illustration est unique : elles sont réalisées sur-mesure, main dans la main avec les sujets. D’un côté, eux choisissent leur gamme de couleur, leur technique de représentation, leur scénographie… Et de l’autre, Lou a son œil artistique et toutes possibilités d’interprétation.

« Des fois, si je sens un iota de différence entre ce que j’ai dessiné et la personne telle que je la perçois, je déchire et je recommence. Je cherche à la traduire, pas à la trahir. »

Ce que Lou trouve intéressant quand elle dessine une personne tatouée, c’est le phénomène de mise en abîme, un dessin dans le dessin. Cela lui permet de se pencher sur le travail du tatoueur et de comprendre comment le tatouage a été fait. Mais pour elle, impossible de priver le tatouage du discours qui va avec. Il était nécessaire d’intégrer une interview qui fasse vibrer la maquette et montre d’autant plus la personnalité du sujet que certaines réponses sont manuscrites.

Pour Lou, ce travail implique plusieurs rencontres avec la personne représentée, c’est un véritable échange qui permet de créer des liens. Après un long travail d’édition, elle relie elle-même les livrets avant de les remettre en main propre aux modèles.

Si elle a décidé de mettre en scène des personnes tatouées, c’est pour montrer que celles-ci ne sont pas réduites à ce que montrent leurs tatouages. Le but est de montrer qu’il y a une histoire, une raison pour laquelle elles en sont venues à ce moyen d’expression. Mais si son projet aborde le thème du tatouage, ce dont il parle réellement, c’est de l’identité de chacun. Le souhait de l’artiste est d’amener le sujet comme le lecteur à se considérer avec plus d’attention.

L’idée d’Encrage est née il y a 6 ans. À l’époque, Lou a mis fin à ses études à l’ECV de Bordeaux et elle fait des petits boulots en agence pour s’installer en free-lance à Paris. Depuis, ce projet continue de grandir et d’évoluer en même temps que l’artiste qui lui consacre plus ou moins de temps en fonction de ses autres projets, personnels ou professionnels.

« Je partage mon temps en fonction de mon état émotionnel, j’ai des phases sans créativité et d’autres de sur-créativité. Ce n’est pas forcément des phases contrôlables, mon cerveau a besoin de se ressourcer, de prendre du temps. »

Mises bout à bout, ce sont environ quatre-cents pages de rencontres et d’échanges, et d’autres sont encore à venir.

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