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Image narrative

L’image possède une véritable capacité narrative qui est de plus en plus sollicitée. À travers son projet, Miguel y Rosanna, David Allart explore cette qualité en produisant un récit essentiellement basé sur la relation qu’entretiennent le texte et l’illustration.

Format : 18 x 27 cm

Technique d’impression ancestrale semblable à celle du pochoir, la sérigraphie artisanale est un outil encore utilisé aujourd’hui dans le domaine de l’illustration. David Allart, graphiste et illustrateur, apprécie ses avantages qui lui permettent de garder une maîtrise sur son œuvre à chaque étape de production, de la création à l’édition.

Il découvre cet art lorsqu’il quitte Strasbourg à la fin de sa licence en art appliqué pour intégrer l’École Supérieure des Arts d’Épinal. Le parcours qu’il suit alors tourne autour de l’image narrative, du design graphique et de l’édition, ce qui va lui permettre de préciser sa démarche naissante quant au rapport entre le texte et l’illustration. Tout en se découvrant dans l’écriture, il apprend l’impression artisanale, notamment la sérigraphie qui va avoir un impact important sur son style graphique.

Une palette très restreinte, des aplats qui envahissent la totalité de l’espace et une certaine vibration dans le trait, c’est le style que David a développé en s’appropriant des jeux de couleurs inspirés de Robert Hunter, Jon Mcnaught ou encore Van Gogh. Ce style, véritable opposition à ses dessins hachurés au trait de l’époque de sa licence, va lui permettre de produire les illustrations d’une histoire abordant les thèmes de la révolte, de la fuite et de la recherche de liberté à travers des images d’une naïveté enfantine.

C’est ce que Miguel y Rosanna représente, des dessins épurés et efficaces qui racontent une histoire pleine de symboles. Le récit retrace le parcours d’un couple qui choisit de tourner le dos à la révolution plutôt que d’y participer. Un bel hommage à Henri Labori, auteur de l’Éloge de la fuite.

À travers une palette de cinq couleurs très évocatrices, David donne une atmosphère au récit en jouant sur des ambiances de nuit et de solitude, le tout dans le contexte contemplatif des paysages mexicains. Chaque page est un nouveau tableau et une nouvelle étape de leur parcours, ce qui donne au récit un rythme lent et une temporalité pesante.

Le style graphique de David continue d’évoluer et se développe grâce aux outils d’impression artisanale. Maintenant à la recherche de plus de sentiments et de subtilité dans les nuances, il se tourne vers la lithographie qui lui permet de jouer avec la matière alors que la sérigraphie est toujours assujettie à une trame.

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