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Cartographie personnelle, sensibilité commune

Négatifs, ce n’est pas seulement un court-métrage poétique sur la photographie argentique. C’est aussi l’histoire d’une bande de potes qui, au fur et à mesure de leurs projets communs, se sont mutuellement poussés vers le haut jusqu’à former une mécanique bien huilée. Et c’est avec beaucoup de sensibilité que les principaux initiateurs nous ont parlé de leur petit film.

Réalisation: 02/18/2018

Musique : Félix Muhlenbach

Le réalisateur, Jérémy Morlot, n’en était pas à sa première vidéo lorsqu’il se lance dans la création du court-métrage. La vidéo, c’est même son métier. Mais dans Négatifs, il veut apporter quelque chose de nouveau, quelque chose de sensible, qui parle au spectateur. Il veut raconter une histoire. La question qu’il se pose, c’est quel thème aborder sans avoir à basculer dans les sujets classiques ? La réponse lui vient naturellement alors qu’il est en train de développer ses photos argentiques. L’histoire qu’il veut raconter, c’est celle de sa passion, la magie qu’il y a à mélanger ses produits et transformer un film de pellicule en souvenirs figés.
Rapidement, il a une vision assez précise de ce que va être son court-métrage qu’il décrit comme une cartographie de tout ce qu’il aime : la photographie argentique artisanale, mais aussi ses amis, les personnes qui le soutiennent et qui structurent son travail depuis 10 ans. Avec eux, il « bricol » son histoire avec des éléments de sa vie quotidienne qu’il met en scène.

Ce n’était pas le produit fini qui m’intéressait, mais le processus de création

L’héritage de ses années de travail en agence de communication lui impose le rythme de la vidéo qui est structurée en plusieurs parties. L’une parle de ses modèles et montre le côté social de la photographie que Jérémy considère comme un prétexte pour faire des rencontres, découvrir d’autres univers. Une autre souligne l’instant à la fois technique et magique du développement. Une autre encore, nous parle avec poésie de la muse, cette personne qui concilie à la fois le cœur et la raison. Chacune de ces parties possède une identité qui lui est propre, une identité mise en valeur par le travail sonore de Félix Muhlenbach, ingénieur du son, compositeur, créateur sonore et ami de Jérémy.

Dès ses études en Arts visuels, Félix s’intéresse au rapport qu’entretient le son avec l’image, ainsi qu’à la capacité narrative de leur association. Parmi ses sources d’inspiration, il cite notamment certains compositeurs de musique de films comme Cliff Martinez (Only God Forgives), Nicholas Britell (Moonlight) ou encore Ryuichi Sakamoto (The Revenant). Dans Négatif, il compose l’ambiance sonore de chaque partie comme autant de tableaux différents, chacun véhiculant des émotions bien spécifiques. Les intentions sensibles du court-métrage n’en sont que sublimées.

Dans Négatifs, Jeremy a une approche très physique de la photographie. Par des gros plans, des jeux de transparence et même à travers la voix off, on ressent la matière des objets, chaque acte devient palpable. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai la même démarche dans ma musique ou dans les créations sonores que je réalise

Quoi qu’il en soit, le résultat émotionnel est bien présent. Cette « mélancolie remplie d’espoir », comme le décrit Félix, a déjà saisi une grande partie du public. Malgré la difficulté à créer une œuvre à la fois très personnelle et ouverte sur les autres, Jérémy Morlot a su montrer les choses qu’il aime à travers un filtre qui permet à tous de rentrer dans son univers.

Pour la suite, c’est l’univers d’autres photographes que Jérémy aimerait découvrir et mettre en vidéo. Rentrer dans leur démarche, leur vision de la photographie, et donner une forme à tout ça. Quelle forme ? C’est une question encore en suspens, mais de futures collaborations entre Jérémy et Félix sont à prévoir.

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